Cette année, le lycée de la Closerie, à Saint-Quay-Portrieux, a accueilli un projet artistique et pédagogique autour du consentement et du harcèlement chez les jeunes. Intitulé "OUÏR – Le consentement", ce dispositif ambitieux a permis de sensibiliser élèves et professionnel·les de l’éducation à travers une approche sensible, collective et profondément engagée. Porté dans la continuité du partenariat mené depuis trois ans autour des questions de harcèlement et du dispositif "pHARe", ce projet a été proposé par la Ligue de l’enseignement 22 au lycée professionnel de la Closerie ainsi qu’aux communes de Binic-Étables-sur-Mer et Saint-Quay-Portrieux. Une initiative qui a rencontré un véritable succès, tant par sa qualité artistique que par sa portée éducative.

Pour construire ce projet, deux compagnies artistiques ont uni leurs savoir-faire : la compagnie Zutano Bazar (Sarthe), spécialisée dans le théâtre d’improvisation, et la compagnie La Morsure (Ille-et-Vilaine), issue du champ de la danse. Ensemble, elles ont imaginé un dispositif complet pour aborder les questions de consentement de manière concrète et sensible.
Leur travail mêle plusieurs disciplines :
Le projet s'est décliné en plusieurs temps forts :
La semaine a débuté par une journée de formation destinée à l’équipe éducative du lycée de la Closerie, installée pour l’occasion à la salle de l’Estran, à Binic. Cette formation, ouverte exceptionnellement à d’autres établissements, a permis à des enseignant·es, CPE et assistant·es d’éducation de se rencontrer et de réfléchir ensemble aux enjeux du consentement.
Cette journée s’inscrivait pleinement dans les thématiques de l’EVARS. Elle a été construite sur le même modèle que celui proposé ensuite aux élèves : d’abord des ateliers de pratique artistique, puis des saynettes de théâtre-forum. Une manière efficace de faire vivre le sujet avant de le transmettre.
Avec les élèves, les artistes ont proposé des ateliers fondés sur des modes d’expression inhabituels, plus corporels et plus poétiques. Ces approches ont permis à certain·es jeunes, notamment des élèves allophones, de s’exprimer autrement et de mieux entrer dans la réflexion.
Les saynettes de théâtre jouées par les artistes ont ensuite plongé les élèves dans des scènes du quotidien, inspirées de situations réalistes et proches de leur âge. À chaque fois, les participant·es devaient voter à main levée pour dire s’il y avait, ou non, consentement. Ce format interactif a permis de mettre en lumière les zones de flou, les ambiguïtés et les réactions parfois contradictoires.
L’objectif : faire émerger une compréhension plus fine du consentement, en allant au-delà du simple "oui" ou "non", pour aller vers les principes d’un consentement réversible, éclairé, enthousiaste, libre et spécifique.
Le spectacle final a été présenté aux élèves du lycée de la Closerie, mais aussi à d’autres jeunes venus de Rennes. Il a été suivi d’ateliers en petits groupes, qui ont confirmé à quel point cette semaine avait été pertinente et structurante.
L’art a ici joué pleinement son rôle : celui de créer un espace d’expression, de réflexion et de transformation. En permettant aux jeunes de ressentir, d’observer et d’interpréter autrement, ce projet a ouvert des portes vers une meilleure compréhension de soi et des autres.
Au-delà de la sensibilisation, "OUÏR – Le consentement" participe à un objectif plus large : faire évoluer les mentalités et contribuer à une transformation sociale, en passant d’une culture du viol à une culture du consentement.