Hamza est l’un de ces volontaires que l’on croise parfois par hasard, mais qui marquent durablement les esprits. J’ai eu la chance de le rencontrer sur le terrain du volontariat, et en tant que volontaire moi-même, j’ai rapidement découvert en lui une personne positive, curieuse de l’autre et toujours désireuse de créer du lien. Serviable et constamment partant pour de nouvelles aventures, il est ce volontaire qui rassemble, celui qui maintient le groupe uni et en contact. À travers ce témoignage présenté sous forme d’interview, je vous invite à découvrir Hamza de plus près, à entrer dans son vécu et à comprendre comment il a expérimenté le volontariat de l’intérieur. Une aventure humaine forte, faite de rencontres marquantes, de défis partagés et de découvertes interpersonnelles, qui a profondément enrichi son parcours et sa vision du monde.

J’avais terminé mes études et je ne savais pas encore ce que je voulais faire. Je n’étais pas prêt à entrer directement dans le monde du travail. En faisant des recherches sur internet, je suis tombé sur le Corps Européen de Solidarité, et j’ai tout de suite su que c’était ce que je voulais faire, de préférence à l’étranger.
Ma mission s’adresse à trois publics différents, ce qui rend mon quotidien très varié.
Avec les plus jeunes, des enfants de 5 à 6 ans, j’interviens surtout le midi à la cantine. Je les aide pendant le repas, puis nous jouons ensemble dans la cour. Mon caractère calme m’aide beaucoup à créer une vraie connexion avec eux. Les enfants sont très attachants, et à chaque fois que je pars, ils aimeraient que je reste encore un peu.
Je travaille aussi avec des adolescents de 13–14 ans, principalement le mercredi après-midi. Avec mes collègues, nous organisons différentes activités et j’y participe activement. Au début, j’avais plus de mal à créer un lien, surtout à cause de la langue et du fait que le groupe était assez grand. Avec le temps, j’ai gagné en assurance, et aujourd’hui les échanges sont beaucoup plus naturels. Quand je les retrouve, ils m’appellent même "Hamza the Goat", une forme de complicité et de reconnaissance qui me fait sourire. Mon côté calme et toujours dans la rigolade semble aussi apaiser le groupe.
Enfin, je passe du temps avec des personnes âgées, principalement lors d’activités, de sorties au marché ou simplement autour d’un café pour discuter. Je vais être honnête : c’est sans doute la mission où je me sens le plus à l’aise. Ces moments sont riches en échanges, en rires et en anecdotes. Elles partagent leurs expériences de vie, leurs souvenirs, leurs visions du monde. Pour moi, ce sont de véritables trésors humains, et ces échanges ont une valeur immense. Je peux m’exprimer librement avec elles, et chaque rencontre est différente, ce qui change le quotidien et le rend plus vivant.
Concernant la région, Plœuc-L'Hermitage est un village très agréable, entouré de nature, avec un patrimoine discret mais riche. Les habitants sont accueillants et la vie locale est très conviviale. Je participe autant que possible aux événements de la commune, ce qui m’aide à créer du lien.
Je n’avais volontairement aucune attente. Je voulais vivre l’expérience avec un esprit ouvert, sans préjugés. Je ne suis clairement pas déçu. J’ai été très marqué par les lieux, les bâtiments, l’environnement… tout cela m’a vraiment émerveillé.
Oui, surtout en termes de confiance en moi. J’étais quelqu’un de réservé et introverti, principalement par manque de confiance. Ici, mon côté sociable s’est beaucoup développé.
Avant, je pouvais rester seul chez moi sans soucis. Aujourd’hui, j’ai envie de rencontrer des gens, de sortir, de découvrir. J’ai aussi gagné en indépendance, dans les choses simples du quotidien comme cuisiner ou gérer un logement seul.
Cette expérience m’a aussi aidé à clarifier mon avenir. Je sais maintenant que je veux travailler dans le secteur non lucratif, dans un domaine où je peux avoir un impact positif réel. Mon rêve serait de travailler à l’étranger, dans l’humanitaire ou la coopération au développement.
Enfin, j’ai appris à vivre davantage dans le présent, à être plus spontané, tout en trouvant un équilibre.
Je dirais pas que c’est une anecdote marrante mais ça m’a quand même marqué : j’ai organisé un quiz sur la Belgique, avec des questions et des petits défis, accompagné de spécialités belges. C’était la première fois que je proposais moi-même une activité. Je ne me considère pas comme quelqu’un de très créatif, mais cette expérience a été comme une petite étincelle. Ça a réveillé quelque chose en moi.
Plusieurs situations m’ont vraiment poussé à sortir de ma zone de confort. La première a été de parler devant un grand groupe, surtout en français. Avec les adolescents, ce n’était pas évident au début : le groupe était nombreux, je manquais de confiance en moi et j’avais peur de mal m’exprimer. Petit à petit, j’ai appris à me lancer, à accepter de faire des erreurs, et aujourd’hui je n’ai plus cette peur de prendre la parole.
Une autre expérience très marquante a été l’accompagnement d’une personne malvoyante. Au départ, j’étais assez stressé, car je n’avais aucune expérience et je sentais le poids de la responsabilité. J’avais peur de mal faire. Avec le temps, j’ai appris à être plus attentif, plus posé, et surtout à faire confiance à la relation. Aujourd’hui, je me sens à l’aise dans cet accompagnement, et cette expérience m’a beaucoup appris sur moi-même.
J’ai un parcours assez varié : sciences politiques, travail social, et formation en peinture-décoration. Quoi que je fasse ensuite, je veux rester engagé.
Je continuerai le bénévolat en Belgique, en parallèle de mon travail. Cette expérience m’a confirmé que la solidarité est essentielle, surtout dans le monde individualiste actuel. Être là pour les autres donne du sens, et c’est quelque chose que je veux garder dans ma vie.
Soyez flexibles. Il y aura des moments inconfortables, mais il faut s’adapter. N’ayez pas peur. Sautez dans l’aventure.
La politesse et la chaleur des gens. Ici, on se dit bonjour, même à des inconnus. En descendant du bus on dit au revoir au conducteur, je n’avais pas ces réflexes en Belgique. C’était nouveau et fascinant pour moi. Aussi, il y a une personne qui m’a beaucoup marqué : une dame devenue aveugle à 80 ans, mais qui reste incroyablement positive et souriante. Sa manière de voir la vie m’accompagnera longtemps.
Et puis… il faut qu’on parle des éclairs au chocolat : un éclair, c’est à la crème de vanille, pas au café ni au caramel ni au chocolat !